Archives

 

Les plateformes numériques donnent l’impression que nous pouvons avoir une connaissance quasi-exhaustive du monde et de ses manifestations, de ses événements, de la vie courante et des lieux où elle se déroule. Que nous pouvons archiver en direct, archiver au temps présent et dans un flux constant des éléments de ce quotidien, pas seulement des traces ou des restes, mais des artefacts, des images, des écrits, des sons, des mémentos de toutes sortes. Nous pouvons les emmagasiner et les rendre disponibles à qui veut bien les consulter. Dans ce contexte numérique, la notion même d’archive se transforme. Plusieurs auteurs (Ersnt 2013, Giannachi 2016) en ont en effet décrit la nature transitoire, hybride (à la fois textes, sons et images fixes et en mouvement), performative et subjective (Shanks 2008). L’archive devient flux, elle n’est plus nécessairement un objet fixe, ni tributaire d’un site (institutions, musées, bibliothèques) elle comporte aussi une dimension subjective par les traces de ses usages (Giannichi 2016, Shanks 2008) et surtout elle n’est plus associée à la parole d’autorité ou de vérité.

 

ERNST, W. (2015). Stirrings in the Archives: Order from Disorder. Lanham: Rowman & Littlefield.

ERNST, W. (ed.). (2013). Digital Memory and the Archive. Minneapolis: University of Minnesota Press.

FARGE, A. (1989). Le goût de l’archive. Paris : Éditions du Seuil.

GIANNACHI, G. (2016). Archive Everything. Mapping the Everyday. Cambridge: MIT Press.

MARCOTTE, S. et DAVID, S. (dir.). (2016). Dossier (Re)constituer l’archive, Sens public, 21 juillet 2016.  http://www.sens-public.org/article1207.html

PIÉGAY-GROS, N. (2012). Le futur antérieur de l’archive. Rimouski: Tangence Éditeur.

SHANKS, M. (2008, mars). Synthetic Worlds: the History of the Archive and the Future of Memory. Communication présentée lors de la conférence Virtual Worlds organisée par MediaX,  Stanford University.