"Grosse fatigue", une encyclopédie cosmogonique

Date de publication: 
22 décembre 2016

Source de l’image de couverture: http://www.camillehenrot.fr/fr/work/68/grosse-fatigue

L’exercice suivant n’a pas de prétention autre que d’entrer dans le poème qu'est Grosse fatigue et d’en faire une exploration encyclopédique. Écrit par l’artiste française Camille Henrot avec la participation de Jacob Bromberg, ce texte – récité dans l’oeuvre vidéo sous la forme du spoken word – est un collage cosmogonique. Il tisse entre eux différents mythes et hypothèses scientifiques portant sur la création de l’univers, donnant l’idée ou l’illusion, en 13 minutes à peine, d’aborder dans son entièreté ce sujet aussi vaste qu’impossible à couvrir complètement. Nous verrons, dans cette entrée de carnet, quels procédés narratifs instaurent ce sentiment d’exhaustivité et cette impression d’épuiser toutes les avenues possibles. 

Datant de 2013, Grosse fatigue s’est démarquée lors de la 55e Biennale de Venise en remportant le Lion d’argent. Elle dialogue aujourd’hui avec l’installation The Pale Fox créée en 2014 et s’accompagne du catalogue Elephant Child. Elle a été développée dans le cadre d’une résidence que l’artiste a effectuée en partenariat avec le Smithsonian Artist Research Fellowship Program, à Washington, D.C. L'oeuvre amasse et assemble des séquences filmées en studio, des publicités, des images glanées sur Internet et des plans tournés dans les installations du Smithsonian Institution. 

À la manière d’une fouille archéologique, nous explorerons le texte, créerons autant de références que possible. Construite telle une navigation sur la Toile, Grosse fatigue procède par multiples renvois et raccourcis. Par mimétisme, nous userons des hyperliens pour approfondir et parcourir, en paratexte, le contenu de l’oeuvre. À noter que cette dernière, en compilant les discours sur la création de l’univers, cherche moins le caractère éducatif du sujet que de l’aborder en totalité. C’est avec poésie qu’elle effleure les thèmes, pour la beauté des images qu’ils créent.

L’Internet lui-même sera notre outil d’appréhension. À cet égard l’hyperlien, actant comme un morceau du casse-tête, permettra de mener à des définitions et des explications supplémentaires, en plus de renvoyer à des banques d’images. Ces démarches seront truffées de dérapages, propres à la culture en ligne. À la manière des memes et des trolls Internet, le canular participera à l’expérience 1.

Alors que le texte de Henrot, métatextuel, ne mentionne pas explicitement ou directement les écrits sur lesquels il se fonde, nous chercherons à citer les auteurs, tenterons de lier, autant que possible, les énoncés à leurs sources. Tout comme l’artiste, nous tâcherons d’épuiser tous les sens, les significations et les formes possibles des concepts, des mots et des mythes évoqués dans le texte. Aux définitions initiales s’ajouteront de nouvelles évocations de sens, privilégiant ainsi une approche connotative des mots cliquables.

L’oeuvre entière joue sur ces transgressions, où la compréhension des images et du texte dépend directement d’une compréhension de l’objet source duquel ils s’édifient. À titre d’exemple, l’oeuvre donne à voir – à 10 minutes 40 secondes – une photographie datée du 24 novembre 1963 captant l’assassinat de Lee Harvey Oswald, suspecté d’avoir tué John F. Kennedy. Toutefois, il ne s’agit pas de la photographie originale, mais bien d’un montage, déniché sur Internet, où chaque protagoniste – Jack Ruby, un officier de police et Lee Harvey Oswald lui-même – possède un instrument de musique. Par sensibilité à la facture visuelle, aux modes de navigation et d’usage de l’ordinateur, l’artiste recrée tous les signes iconiques nécessaires permettant de penser que Grosse fatigue se construit en fait telle une recherche avide, ou plutôt restless, sur Internet. Au terme du visionnement de l’oeuvre le spectateur, dépassé, ressent lui aussi cette fatigue immense dont il est question.

Quelques notes sur l’encyclopédie

En cherchant à synthétiser l’ensemble des connaissances, Grosse fatigue se dresse telle une encyclopédie. Dans Sémiotique et philosophie du langage, en définissant le caractère intertextuel de l’encyclopédie, Umberto Eco décline toutes les «interprétations de l’expression "chat"». Après les avoir énumérées, il écrit: «Elles sont toutes enregistrées, posées intersubjectivement dans quelque texte de cette immense bibliothèque idéale dont le modèle théorique est l’encyclopédie. Chacune de ces interprétations définit sous quelque rapport ce qu’est un chat, et pourtant elle fait toujours connaître quelque chose de plus à propos du chat.» (Eco, 1988: 109-110) Quelques années plus tôt, dans Lector in fabula, il se référait à Peirce en écrivant «[qu’un] terme inclut la globalité de l’information qui le concerne.» (Eco, 1979: 46) De cette manière Camille Henrot, en épuisant tous les récits possibles portant sur la cosmogonie, donne une vocation encyclopédique à son oeuvre. En faisant proliférer les représentations des mots évoqués, elle donne toujours à voir ou à comprendre quelque chose de plus à propos desdits mots prononcés. La présente entrée de carnet emboîte le pas en rappelant, par les multiples renvois visuels qu'elle effectue, le Larousse Illustré que nous parcourions lorsque nous étions enfants.

L’artiste privilégie une muséification qui n’enlève pas la vie, où la conservation des connaissances se fait par le langage, le discours. L’oeuvre rencontre ainsi, à force d’exhaustivité encyclopédique, sa propre finitude. Pour citer Umberto Eco dans Lector in fabula: «C’est d’ailleurs cette série infinie qui pourrait rendre inaccessible l’encyclopédie, en frustrant continuellement les aspirations d’exhaustivité du travail d’analyse sémantique; mais il y a une limite logique à l’encyclopédie, qui ne peut être infinie: sa limite, c’est l’univers du discours.» (Eco, 1979: 48) Lorsque tout a été dit – ou plutôt évoqué, nommé, énuméré – et que toutes les associations de sens ont été épuisées, le texte, nous le verrons, ne peut faire autrement que de se terminer en revenant à la case départ, comme s’il s’agissait d’une boucle infinie.

Exploration du texte

Initialement écrit en anglais, nous emploierons ici la traduction de Paul Laborde2 offerte par le Musée d’art contemporain de Montréal en 2015. Nous divisons le texte en sept temps. Le premier, marqué par la répétition de l’expression Au commencement, remonte au plus loin des connaissances humaines, à 13,7 milliards d’années, soit au Big Bang. Puis, il y a la formation de l’univers et son expansion: «Et quand l’univers devint transparent à la lumière, Alors la Voie lactée prit forme». En troisième lieu, la formation de la Terre: «Et quand la Terre fut prête, elle tomba depuis le Ciel». Le quatrième segment concerne les premières formes de vies sur terre, des plus primitives aux plus imposantes: «Et après vinrent les mammouths desquels rien ne vint. Suit en cinquième lieu l’apparition de l’homme et de la femme/Puis les dieux coupèrent les hommes en deux, et ainsi les firent chacun chercher leur moitié perdue». Sont ensuite énumérées toutes les connaissances acquises par le genre humain: «Et le langage était utilisé pour louer correctement Coeur-de-Ciel». Finalement les Dieux, contemplant leur oeuvre et se sentant maintenant seuls, s’allongent et meurent: «Se reposant, Pan Gu s’allongea et se reposant, il meurt».

Comme certains phénomènes trouvent des explications différentes selon les cultures et les croyances, le texte se construit par énumération. Il ne correspond pas à un esprit logique selon l’artiste. Différentes figures de style, qu'elles soient d’insistance ou d’amplification, sculptent le texte de manière à accroître le sentiment d’exhaustivité. Lorsque Grosse fatigue prend fin, le spectateur est laissé avec le sentiment qu’aucune omission n’a été commise. 

Employons-nous maintenant à voir comment une telle impression est possible. (À noter que pour des raisons de droit d’auteur, nous ne prendrons que partiellement le texte – choisissant avec soin les passages les plus éloquents.)

Temps 1 – Au commencement 

Le premier temps du texte concerne ces instants précédant l’univers observable. Pour ce faire, l’artiste remonte jusqu’à l’univers primordial, avant le Big Bang. Le segment se termine par la nucléosynthèse, survenue quelques minutes après l’explosion. À l’intérieur de ce bloc de texte, l’oeuvre ne retrace pas de manière chronologique les événements. Ceux-ci se chevauchent, s’entrecoupent et se croisent. Ainsi, le «Verbe était déjà» précède «Il n’y avait pas de monde alors.»

Au commencement il n’y avait ni terre, ni eau - il n’y avait rien. Il y avait une petite colline nommée Nunne Chaha
Au commencement il n’y avait rien, rien du tout. Pas de lumière, pas de vie, pas de mouvement, pas de souffle.
Au commencement il n’y avait que de l’ombre, que de l’obscurité et de l’eau, et le grand dieu Bumba.
Au commencement il y avait des variations quantiques.
Au commencement il y eut une explosion.
Au commencement, avant toute chose, était Amma, et il ne reposait sur rien.
Au commencement, l’océan essentiel donnait naissance à Ptah, le démiurge.
Au commencement était la nucléosynthèse.

Temps 2 – La formation de l’univers

Découlant directement du premier segment, le deuxième temps concerne l’univers observable.

Et quand l’univers devint transparent à la lumière,
Alors la Voie Lactée prit forme,
Et alors il n’y avait plus besoin de lumière sur Dzambu Ling car les dieux émettaient une lumière pure depuis leur propres corps.
Puis  créa sa femme Hathor avec qui il eut un fils, Horus, qui épousa Isis

Puis Ogo introduit le désordre dans le monde en commettant l’inceste avec sa mère la Terre.

Temps 3 – La formation de la Terre

C’est alors que la Terre, ronde, prit forme.

Et il y eut un violent relâchement,
Et Dieu dit, «que la lumière soit», et la lumière fût, et Dieu vit la lumière, et il vit que c’était bien, 
Coeur-de-ciel prononça seulement le mot «Terre» et la terre s’éleva, comme la brume depuis la mer,
Et Bumba vomit le soleil, et le soleil assécha les eaux, quittant la Terre,
Et quand la terre fut prête, elle tomba depuis le ciel.

Temps 4 – Premières formes de vies

Des membranes divisant la matière à l’extinction des mammouths, sont ici énumérées les premières formes de vie sur Terre.

D’abord vinrent les réactions biochimiques puis les lipides formèrent des membranes
Et vinrent les colonies d’algues vertes dans la mer, 
Et puis l’oxygène, l’oxygène
Et du protozoaire vînt l’animal
Et de la bactérie vînt la plante,
Puis vînt le champignon qui venait du champignon
Et puis vinrent les nautiloïdes à l’âge Dévonien des poissons,
Et puis vinrent les amphibiens du coelacanthe,
Et après les créodontes vinrent les primates,
Et après vinrent les paresseux, les hippopotames, les zèbres, les éléphants, les lions, les chiens,
Et après vinrent les mammouths desquels rien ne vînt.

Temps 5 – Création de l’homme et de la femme

Quand l’homme de Neandertal considérait les mystères du monde,
L’Homo Sapiens vînt à sa suite le remplacer.
Et Obtala, saoul, façonnait d’imparfaites figures
Nzame fit un nouvel homme, qui connaîtrait la mort,
et le premier homme, Mwuetsi, devînt la lune
Puis les Dieux coupèrent les hommes en deux, et ainsi les fit chacun chercher leur moitié perdue.

Temps 6 – Les connaissances acquises par l’humain

Dans sa quête de rassembler et de réunir, presque maladivement, l’entièreté des connaissances et des croyances concernant la création de l’univers, Grosse fatigue témoigne du désir humain, impossible, de tout saisir en totalité et de manière absolue. L’oeuvre rend ici état de l’étendue de la curiosité humaine et de la soif de savoir qui nous habite.

Et le genre humain découvrit la connaissance de l’histoire et de la nature,
Des minéraux, des végétaux, des animaux et des éléments,
La connaissance de la logique et l’art de la pensée,
Les arts de la mémoire et les mathématiques pures,
La connaissance de la magie et la science de Dieu,
Les dynamiques, les hydrauliques, les optiques, les dioptriques,
Les acoustiques et la grammaire, musique, cosmologie, géographie,
Orthographe, chronologie, zoologie, physiologie, pathologie, astrologie, aérologie, et d’autres
.

Temps 7 – Le repos des Dieux

La curiosité obsessive aboutit, ultimement, au repos éternel. L’oeuvre témoigne de la tension entre nature et civilisation – entre vie et mort. De l’objet dynamique nous basculons rapidement au statique, à l’inerte. À la manière d’une poupée russe, Grosse fatigue évoque l’épuisement – intellectuel, mental ou physique – ressentit après une longue période de travail ayant mené, elle aussi, à l’épuisement de son sujet, à sa finitude. Menant à l’anéantissement, l’Être divin créateur, consumé, tombe mort de fatigue.

Et Pan Gu se sentit seul
Et Coeur-de-Ciel se sentit seul dans la solitude qui termine les mondes.
Qui peut comprendre la solitude des dieux ?
Yahweh était seul.
Et Ogo était seul.
Seul comme Wak et seul comme Allah.

La terre entière était lourde et alors Yahweh se reposa.
Le relâchement permet au système de trouver son équilibre.
Se reposant, Pan Gu s’allongea et se reposant, il meurt.

Observations

Au terme de cet exercice de renvois et de redirection, voyons quels procédés narratifs et stylistiques sont à l’oeuvre dans le texte pour faire accroître le sentiment d’exhaustivité.

  • Il y a d’abord l’anaphore, qui marque les différents segments. De cette façon, nous avons vu, toutes les phrases du premier volet débutent par la formulation Au commencement. L’usage de l’anaphore multiplie en plusieurs moments le commencement. Elle n’a pas pour effet de le diviser de manière chronologique – elle permet plutôt que ces différentes temporalités s’additionnent et se chevauchent, formant un discours pluriel. Elle rend compte de l’immensité du sujet, le décuple. Sa constance permet de faire cohabiter au sein d’un seul récit tous les mythes et les hypothèses. 
  • Certaines références sont indirectes – explosion renvoyant au Big Bang. Alors que d’autres références sont directes – comme l’évocation du dieu Bumba ou l’usage du mot musique. La compréhension dépend en premier lieu de notre bagage de connaissances: selon les croyances Kuba du Congo, Bumba est le Dieu créateur. Au niveau de la dénotation le mot musique, quant à lui, correspond selon le Larousse à un «art qui permet à l'homme de s'exprimer par l'intermédiaire des sons». Sur le plan de la connotation, par contre, musique peut évoquer différents genres musicaux, faire surgir à la pensée une mélodie, notre dernière découverte sur Spotify, ou la visualisation d’un instrument, d’une partition, de notes. Ici, les associations sont multiples.
  • Grosse fatigue s’édifie sur une panoplie de sources. Puis les Dieux coupèrent les hommes en deux, et ainsi les fit chacun chercher leur moitié perdue correspond à une citation de Platon, alors que Et Dieu dit, «que la lumière soit», et la lumière fût, et Dieu vit la lumière, et il vit que c’était bien provient de la Genèse. Ce ne sont pas des pastiches hypertextuels, mais bien de réelles références métatextuelles. 
  • La répétition et la redondance martèlent certaines paroles – le champignon vient du champignon, sans oublier l’oxygène, l’oxygène. Leur insistance n’a pas tant pour effet d’alourdir le texte que de permettre au narrateur, le récitant en spoken word, de s’arrêter, de marquer une pause dans cette énumération frénétique, littéralement essoufflante. Quant à eux les noms de certaines divinités, telles Bumba et Pan Gu, sont évoqués à quelques reprises, nous les rendant d’une certaine façon familières et ce même si nous ne les connaissions pas au préalable. L’oeuvre toute entière est un éloge de la tradition orale et du par coeur, desquels la répétition leur est nécessaire.
  • L’énumération, la gradation et l’accumulation créent une forme d’accélération tout en donnant l’impression de toucher à tous les aspects possibles et éventuels du sujet: «Puis il y eut la promiscuité et la monogamie et la polygynie et la polyandrie et la polygynandrie».

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  • Cette carte permet de visualiser la provenance des différentes sources mythologiques. Nous observons une forte concentration de références sur le continent africain. Certains mythes sont partagés par plusieurs cultures, tribus ou communautés. C’est le cas de Coeur-de-Ciel, que l’on retrouve dans les croyances Mayas du Guatemala, du Mexique, du Honduras et du Salvador. D’autres mythes, quant à eux, sont propres à une culture spécifique. Ils sont maintenus en vie et partagés par une petite communauté – pensons à Maori au Zimbabwe, à Nzame au Congo ou à Wak en Éthiopie. Ces trois divinités possèdent le même rôle, c’est-à-dire la création du premier homme. En doublon, ce type de procédé, où un même phénomène est expliqué selon plusieurs croyances, participe à la notion de répétition.
  • Finalement, selon la mythologie de la dynastie Han, le corps étendu de Pan Gu, se reposant et s’allongeant, devient le monde duquel la vie émerge. Sa mort est le point de départ de tout ce qui est. Clore le poème de Grosse fatigue par une telle référence mythologique nous ramène inévitablement au début de l’oeuvre, faisant tourner le texte dans une boucle infinie. Mort de fatigue, Pan Gu s’allonge et meurt, laissant place à une autre forme de vie – l’humain.

Grosse fatigue témoigne d’une panoplie de cultures absorbées, ou carrément rejetées, par le flux Internet. L’oeuvre effleure plusieurs mythes et légendes sur lesquelles il est difficile, voire parfois impossible, de trouver en ligne de l’information les concernant – pensons à Ogo, cet hyperlien qui ne mène à rien. En les évoquant dans son texte et par mimétisme visuel quand à la culture web, Henrot, d’une certaine manière, les intègre dans le flow. Alors que le travail de l’archiviste nécessite de faire la distinction entre le réel et l’irréel, Camille Henrot ne crée aucune ségrégation entre récits mythologiques et hypothèses scientifiques. Tous cohabitent dans son poème, dans la fable qu’est Grosse fatigue. Elle embrasse le chaos présent sur Internet en le répliquant, le dupliquant. Les transgressions et épuisements de sens ne cherchent pas à archiver proprement l’information, plutôt que d’en offrir toute l’étendue – qu’elle soit véridique ou non. Si l’archive mortifie les éléments, la démarche de Henrot frôle l’anti-archivistique en privilégiant la saturation, le mouvement, l’humour, la confusion et une apparente incohérence. 

Au final, malgré la variété des sources, la pluralité des discours et l’amalgame entre science et mythologie, tous les récits à l’oeuvre dans Grosse fatigue possèdent le même objectif: celui de connaître, de comprendre et d’expliquer les mystères de nos origines.

Note de la rédaction: Dans un esprit collaboratif, des mises à jour pourraient être faites. D’autres hyperliens pourraient être ajoutés et la carte pourrait être bonifiée. Pour partager toute information, vous pouvez contacter Raphaëlle Cormier au raphaelle.cormier@gmail.com.

Crédits de l'oeuvre:

Traduit de l’anglais par Paul Laborde
Camille Henrot, Grosse fatigue, 2013 Vidéo couleur, son, 13 min
Musique originale de Joakim. Voix : Akwetey Orraca-Tetteh
Texte écrit en collaboration avec Jacob Bromberg
>Producteur : kamel meneur, Paris ; avec le soutien du Fonds de dotation Famille Moulin, Paris
Production : Silex Film
Projet développé dans le cadre du Smithsonian Artist Research Fellowship Program, Washington, D.C.Remerciements particuliers aux Smithsonian Archives of American Art, the Smithsonian National Museum of Natural History, et du Smithsonian National Air and Space Museum
© Camille Henrot / SODRAC (2015)

  • 1. Ashley Stull Meyers soulève, dans son article «Testing Grounds» and the challenges of new, digitized landscapes publié sur la plateforme Rhizome.org , l’état de surveillance accrue des recherches en ligne. Ainsi, elle écrit: «A simple search for the phrase “how to get away with murder” on the wrong server at the wrong moment could get you named a suspect, when in fact you’re a lover of the American television show. And paranoia is actually a privilege, pointing to the freedom to conduct such a web search.» En parsemant d'hyperliens le texte de Henrot, nous jouons sur ce cas de conscience où certaines réexpéditions paratextuelles sont limites, voire déplacées ou politically incorrect. En outre, le terme Isis, se référant dans Grosse fatigue à la divinité égyptienne, renvoie plutôt, en hyperlien dans le présent exercice, à une banque d’images du groupe islamique du même nom. Dénichées sur Google Images, cette sélection correspond réellement aux premières images accessibles et disponibles lors de la recherche du mot «isis». http://rhizome.org/editorial/2016/dec/21/cinnamon-colomboscope/
  • 2. Une traduction de l’anglais par Paul Laborde, sous la direction de Louise Simard. Toutes les citations du texte de Henrot et Bromberg sont extraites de cette traduction.